Rejingot

Menuiseries Mis à jour le 11/12/2025

Définition courte

Le rejingot est la partie verticale maçonnée de l'appui de fenêtre, haute de 2 à 4 cm, qui remonte contre le dormant de la menuiserie pour empêcher les infiltrations d'eau de pluie par capillarité ou sous l'effet du vent.

Définition détaillée

Le rejingot constitue un élément essentiel de l’appui de fenêtre, formant une petite saillie verticale située à l’arrière de la tablette d’appui. Cette partie maçonnée, haute de quelques centimètres, remonte légèrement contre le dormant de la menuiserie pour créer une barrière physique contre les infiltrations d’eau. Son rôle principal consiste à empêcher l’eau de pluie, poussée par le vent ou ruisselant sur la façade, de pénétrer dans l’interface entre la fenêtre et la maçonnerie.

La conception du rejingot répond à une problématique technique fondamentale : l’étanchéité à l’eau au niveau des menuiseries extérieures. Lorsque la pluie frappe une façade, l’eau s’écoule naturellement vers le bas et tend à s’infiltrer dans les moindres interstices. Sans rejingot correctement dimensionné et exécuté, l’eau peut s’introduire sous le dormant de la fenêtre, provoquant des désordres parfois graves dans la structure du bâtiment.

Caractéristiques techniques du rejingot

Le rejingot présente des dimensions normalisées qui garantissent son efficacité. Sa hauteur varie généralement entre 2 et 4 centimètres au-dessus du plan de l’appui de fenêtre. Cette élévation doit être suffisante pour bloquer les remontées d’eau par capillarité et les projections lors de fortes pluies, tout en restant compatible avec la géométrie du profilé de dormant.

La pente de l’appui de fenêtre, orientée vers l’extérieur avec une inclinaison minimale de 10%, travaille en synergie avec le rejingot. L’eau qui atteint la tablette s’évacue naturellement vers l’extérieur grâce à cette pente, tandis que le rejingot bloque toute tentative de remontée vers l’intérieur. Cette double protection s’avère particulièrement efficace lors des épisodes de pluie battante accompagnée de vent.

Mise en œuvre et matériaux

Le rejingot peut être réalisé selon différentes techniques selon le type de construction et l’époque du bâtiment. Dans les constructions traditionnelles, il est généralement maçonné en même temps que l’appui de fenêtre, formant une pièce monolithique en pierre, en béton ou en mortier. Les constructions plus récentes utilisent souvent des appuis de fenêtre préfabriqués intégrant directement le rejingot dans leur profil.

Les matériaux employés doivent présenter une bonne résistance aux intempéries et aux cycles de gel-dégel. Le béton, la pierre naturelle et les appuis préfabriqués en béton polymère constituent les solutions les plus courantes. L’étanchéité entre le rejingot et le dormant de la fenêtre nécessite la mise en place d’un joint souple, généralement en mastic silicone ou polyuréthane, capable d’absorber les mouvements différentiels entre la menuiserie et la maçonnerie.

Pathologies liées au rejingot

L’absence de rejingot ou sa dégradation figure parmi les causes fréquentes d’infiltrations d’eau au niveau des fenêtres. Lors d’une expertise humidité, l’expert bâtiment examine systématiquement l’état des rejingots pour identifier l’origine des désordres. Un rejingot fissuré, décollé du dormant ou présentant une hauteur insuffisante compromet l’étanchéité de l’ensemble et favorise les infiltrations.

Les signes révélateurs d’un rejingot défaillant incluent des traces d’humidité sur les murs sous les fenêtres, des décollements de peinture ou de papier peint localisés, voire le développement de moisissures dans les angles inférieurs des tableaux de fenêtre. Ces désordres, s’ils ne sont pas traités, peuvent évoluer vers des dégradations plus importantes affectant l’isolation thermique et la salubrité du logement.

Réglementation et normes applicables

La mise en œuvre des rejingots est encadrée par le DTU 20.1 relatif aux ouvrages en maçonnerie de petits éléments et par le DTU 36.5 concernant la mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures. Ces documents techniques unifient les règles de l’art et définissent les dimensions minimales, les pentes requises et les dispositions constructives garantissant l’étanchéité à l’eau.

La norme NF DTU 20.1 précise notamment que le rejingot doit présenter une hauteur minimale permettant d’assurer l’étanchéité compte tenu de la hauteur d’eau susceptible de s’accumuler sur l’appui. Cette exigence prend en compte l’exposition de la façade aux intempéries, les constructions situées en zone de vent fort nécessitant des dispositions renforcées.

Intervention de l’expert bâtiment

Face à des problèmes d’infiltration au niveau des fenêtres, l’expert humidité indépendant procède à un examen méthodique de l’ensemble des composants de l’appui. L’analyse porte sur la géométrie du rejingot, son état de conservation, la qualité des joints d’étanchéité et la conformité de l’installation aux règles de l’art. Cette expertise permet d’identifier précisément l’origine des désordres et de préconiser les travaux de réparation adaptés.

Les solutions de reprise varient selon la nature et l’étendue des désordres constatés. Elles peuvent aller du simple remplacement du joint d’étanchéité à la réfection complète de l’appui de fenêtre incluant son rejingot. Dans tous les cas, l’intervention d’un expert bâtiment indépendant garantit un diagnostic objectif, non influencé par des intérêts commerciaux liés à la vente de travaux.

Synonymes

Becquet, relevé d'appui, retour d'appui, nez de rejingot, seuil relevé

Réglementation

DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie), DTU 36.5 (mise en œuvre des fenêtres), NF EN 12207 (perméabilité à l'air)

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