Larmier

Menuiseries Mis à jour le 11/12/2025

Définition courte

Le larmier est une moulure ou un profil en saillie comportant une gorge (rainure) en sous-face qui provoque le décrochage des gouttes d'eau, les empêchant de ruisseler le long de la façade.

Définition détaillée

Le larmier désigne une moulure ou un profil en saillie dont la fonction consiste à éloigner les eaux de ruissellement de la façade d’un bâtiment. Cet élément architectural, placé en partie basse des appuis de fenêtre, des bandeaux ou des corniches, comporte une rainure ou une gorge qui provoque le décrochage de la goutte d’eau, l’empêchant de poursuivre son cheminement le long du mur.

Le principe du larmier repose sur un phénomène physique simple : une goutte d’eau qui ruisselle sur une surface horizontale ou inclinée suit cette surface par adhérence jusqu’à rencontrer un obstacle. La gorge du larmier, creusée sous la face inférieure de l’élément en saillie, interrompt ce cheminement et force l’eau à tomber verticalement, loin de la façade qu’elle aurait autrement souillée ou dégradée.

Anatomie et profils du larmier

Le larmier classique se compose d’une saillie horizontale prolongée par un retour vertical et une gorge en sous-face. La saillie, d’une profondeur généralement comprise entre 2 et 5 centimètres, éloigne l’eau du nu de la façade. La gorge, rainure semi-circulaire ou rectangulaire de quelques millimètres de profondeur, assure la fonction de coupe-goutte proprement dite.

Les profils de larmier varient selon les époques et les styles architecturaux. Les moulures antiques et classiques présentent des profils complexes combinant doucines, talons et gorges dans des compositions élaborées. L’architecture contemporaine privilégie des profils épurés, souvent réduits à une simple rainure sous une bavette métallique ou un appui de fenêtre préfabriqué.

Le positionnement du larmier obéit à des règles précises pour garantir son efficacité. La gorge doit se situer en retrait du nu extérieur de la façade, suffisamment loin pour que l’eau qui s’en détache ne soit pas ramenée contre le mur par le vent. Un débord minimal de 3 centimètres au-delà du nu de façade constitue une règle empirique couramment appliquée.

Applications dans le bâtiment

Les appuis de fenêtre constituent l’application la plus courante du larmier. La tablette d’appui, inclinée vers l’extérieur pour évacuer les eaux de pluie, se termine par un nez saillant muni d’une gorge en sous-face. Cette disposition empêche l’eau de revenir sous l’appui et de s’infiltrer dans la jonction entre la menuiserie et la maçonnerie, zone particulièrement vulnérable aux problèmes d’humidité.

Les bandeaux et corniches de façade intègrent systématiquement des larmiers pour protéger les parties courantes du mur situées en contrebas. Sans cette précaution, l’eau accumulée sur ces éléments horizontaux ruissellerait le long de la façade, créant des salissures biologiques (algues, lichens, mousses) et accélérant la dégradation des enduits et des revêtements.

Les seuils de porte, les couvertines de muret et les têtes de mur reçoivent également des larmiers qui prolongent leur durée de vie en éloignant les eaux de ruissellement des parties verticales adjacentes. Cette protection s’avère particulièrement importante pour les ouvrages exposés (murets de clôture, acrotères de toiture-terrasse) soumis à des sollicitations climatiques intenses.

Matériaux et mise en œuvre

La pierre de taille permet de sculpter des larmiers aux profils complexes, fidèles aux modèles historiques. Le calcaire, le grès et le granit offrent la durabilité nécessaire à ces éléments exposés aux intempéries. La réalisation artisanale autorise l’adaptation aux configurations particulières et la reproduction des moulures d’époque lors de restaurations patrimoniales.

Le béton préfabriqué propose des solutions économiques pour les constructions courantes. Les appuis de fenêtre préfabriqués intègrent le larmier dans leur profil standard, garantissant une géométrie conforme aux règles de l’art. Les finitions disponibles (béton lisse, béton lavé, béton matricé) permettent une intégration harmonieuse avec les différents types de façades.

Les bavettes métalliques en aluminium, zinc ou acier laqué constituent la solution privilégiée pour les appuis de fenêtre contemporains. Le profilage industriel garantit la précision des cotes et la régularité de la gorge coupe-goutte. La durabilité du métal et l’absence d’entretien justifient leur emploi généralisé dans la construction neuve et la rénovation.

Pathologies et défauts courants

L’obstruction de la gorge du larmier par des dépôts (poussières, mousses, lichens, nids d’insectes) annule son efficacité. L’eau franchit alors la gorge et reprend son ruissellement le long de la façade, provoquant les désordres que le larmier devait prévenir. Un nettoyage périodique de la gorge, particulièrement en milieu urbain pollué ou en environnement végétal, préserve le fonctionnement de l’ouvrage.

L’insuffisance de saillie constitue un défaut de conception fréquent sur les constructions récentes où les considérations esthétiques ont prévalu sur les exigences techniques. Un larmier trop peu saillant voit son efficacité réduite par le vent qui ramène les gouttes contre la façade. Ce défaut, difficile à corriger a posteriori, génère des salissures persistantes sous les appuis et les bandeaux.

La fissuration ou l’éclatement des larmiers en pierre ou en béton résulte généralement des cycles gel-dégel affectant une pierre poreuse gorgée d’eau. Ces dégradations, outre leur impact esthétique, compromettent la fonction protectrice de l’élément et peuvent annoncer des désordres plus graves sur la façade. L’expert bâtiment évalue l’étendue des dégâts et préconise les solutions de réparation adaptées.

Réglementation et règles de l’art

Le DTU 20.1 relatif aux ouvrages en maçonnerie de petits éléments prescrit les dispositions constructives des appuis de baie, incluant les caractéristiques du larmier. La saillie minimale, la pente de l’appui et la profondeur de la gorge y sont définies en fonction de l’exposition de la façade aux intempéries. Le respect de ces prescriptions conditionne la conformité de l’ouvrage aux règles de l’art.

Les DTU de façade (DTU 26.1 pour les enduits, DTU 55.2 pour les revêtements muraux attachés) complètent ces exigences en précisant les raccordements entre le larmier et les revêtements adjacents. La continuité de l’étanchéité et l’esthétique des jonctions font l’objet de recommandations détaillées dont le non-respect peut constituer une malfaçon.

Synonymes

Coupe-goutte, goutte d'eau, rejet d'eau, mouchette, casse-goutte

Réglementation

DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie), DTU 26.1 (enduits), DTU 55.2 (revêtements muraux)
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