Calfeutrement

Menuiseries Mis à jour le 11/12/2025

Définition courte

Le calfeutrement désigne les opérations assurant l'étanchéité à l'air et à l'eau entre le dormant d'une menuiserie et la maçonnerie, réalisées par mousse expansive, mastic et bandes d'étanchéité.

Définition détaillée

Le calfeutrement désigne l’ensemble des opérations visant à assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau entre une menuiserie et son support maçonné. Cette interface critique, située sur tout le périmètre du dormant, doit absorber les mouvements différentiels entre les matériaux tout en maintenant une barrière efficace contre les infiltrations d’air, d’eau et de bruit.

La qualité du calfeutrement conditionne directement les performances thermiques et acoustiques d’une menuiserie. Un défaut d’étanchéité à ce niveau annule les bénéfices d’un vitrage performant ou d’un châssis de qualité. Les économies d’énergie attendues lors d’un remplacement de fenêtres dépendent autant de la qualité de la pose que des caractéristiques intrinsèques des menuiseries installées.

Principes du calfeutrement

Le calfeutrement moderne repose sur le principe de la membrane alternée : étanche à l’eau côté extérieur, perméable à la vapeur d’eau côté intérieur. Cette configuration permet d’évacuer l’humidité éventuellement présente dans l’interface tout en empêchant les infiltrations d’eau de pluie. Le non-respect de ce principe expose à des condensations dans le joint et à la dégradation prématurée des matériaux.

L’espace entre le dormant et la maçonnerie, appelé jeu de pose, doit être calibré pour permettre un calfeutrement efficace. Un jeu trop étroit empêche la mise en place correcte des matériaux d’étanchéité, tandis qu’un jeu excessif complique le remplissage et fragilise la jonction. Les prescriptions techniques recommandent un jeu compris entre 5 et 15 millimètres selon les systèmes de calfeutrement utilisés.

Matériaux et techniques de calfeutrement

La mousse expansive polyuréthane constitue le matériau de remplissage le plus répandu pour combler le jeu de pose. Son expansion après application assure un contact intime avec les parois du dormant et de la maçonnerie. Les mousses actuelles offrent des performances d’isolation thermique et une stabilité dimensionnelle compatibles avec les exigences des constructions basse consommation.

Le mastic d’étanchéité complète la mousse en assurant l’étanchéité de surface. Les mastics silicone, polyuréthane ou hybrides s’adaptent aux mouvements du joint grâce à leur élasticité permanente. Le choix du mastic dépend de la nature des supports, de l’exposition aux intempéries et des contraintes mécaniques. Un fond de joint préalable garantit l’épaisseur optimale du cordon de mastic.

Les systèmes de calfeutrement complets intègrent des bandes d’étanchéité préformées qui assurent simultanément les fonctions d’isolation, d’étanchéité à l’air et d’étanchéité à l’eau. Ces produits, conformes aux exigences de la RT 2012 et de la RE 2020, simplifient la mise en œuvre tout en garantissant des performances reproductibles. Leur coût supérieur est compensé par la réduction des risques de malfaçons.

Calfeutrement intérieur et extérieur

Le calfeutrement intérieur assure l’étanchéité à l’air et la continuité de la barrière vapeur. Il se compose généralement d’un cordon de mastic acrylique ou d’une bande adhésive appliquée sur la jonction entre le dormant et le parement intérieur (plâtre, plaque de plâtre, boiserie). Ce calfeutrement, souvent négligé, contribue pourtant significativement aux performances thermiques globales.

Le calfeutrement extérieur fait face aux agressions climatiques et doit présenter une résistance élevée aux UV, aux variations de température et aux projections d’eau. Le mastic silicone neutre ou le mastic polyuréthane constituent les solutions les plus durables pour cet usage. La préparation du support (nettoyage, primaire d’adhérence) conditionne la tenue dans le temps du joint.

Entre les deux barrières, le garnissage isolant assure le remplissage du jeu de pose et participe à l’isolation thermique et acoustique de la jonction. La mousse expansive, la laine minérale ou les matériaux biosourcés (chanvre, lin) remplissent cette fonction selon les performances recherchées et les contraintes de mise en œuvre.

Pathologies du calfeutrement

Le décollement du mastic résulte d’un défaut d’adhérence sur l’un ou l’autre des supports. Cette pathologie fréquente s’explique par l’absence de primaire, l’application sur support humide ou poussiéreux, ou l’incompatibilité chimique entre le mastic et le matériau. Le décollement ouvre la voie aux infiltrations d’eau et aux passages d’air qui dégradent le confort thermique.

La fissuration du mastic affecte principalement les produits inadaptés aux mouvements du joint. Un mastic trop rigide ne peut absorber les dilatations différentielles entre le bois, le métal ou le PVC du dormant et la maçonnerie. Les fissures apparaissent aux changements de saison, lorsque les amplitudes thermiques sont maximales, et s’aggravent progressivement jusqu’à la rupture complète.

L’absence ou l’insuffisance de calfeutrement constitue une malfaçon grave lors de la pose de menuiseries neuves. Les conséquences incluent des infiltrations d’eau sous les seuils et aux angles, des courants d’air perceptibles, des condensations sur les dormants et une surconsommation énergétique. L’expert bâtiment vérifie systématiquement la qualité du calfeutrement lors d’une expertise de menuiseries.

Diagnostic et contrôle

Le test d’infiltrométrie (blower door test) permet de quantifier les défauts d’étanchéité à l’air d’un bâtiment, incluant les calfeutrements de menuiseries. La mise en dépression du local révèle les fuites par les passages d’air perceptibles au toucher ou visualisables par fumigène. Ce diagnostic, obligatoire pour les constructions neuves, identifie précisément les zones nécessitant une reprise.

L’inspection visuelle des joints de calfeutrement renseigne sur leur état de conservation. Les signes d’alerte incluent le jaunissement ou le noircissement du mastic, la présence de fissures ou de décollements, l’apparition de moisissures aux abords du joint et les traces d’humidité sur les tableaux de baie. Ces indices orientent le diagnostic et les préconisations de reprise.

La thermographie infrarouge visualise les ponts thermiques associés aux défauts de calfeutrement. Les zones de déperdition apparaissent en couleurs chaudes sur l’image thermique, révélant les discontinuités de l’isolation au niveau des jonctions. Cet outil complète l’inspection visuelle par une approche quantitative des performances thermiques.

Réglementation et exigences

Le DTU 36.5 relatif à la mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures définit les règles de calfeutrement des menuiseries. Les prescriptions couvrent la préparation des supports, le choix des matériaux, la mise en œuvre et les contrôles de réception. Le respect de ce document technique conditionne la conformité de l’installation aux règles de l’art.

La réglementation thermique impose des exigences croissantes sur l’étanchéité à l’air des bâtiments. La valeur Q4, qui mesure le débit de fuite à travers l’enveloppe, doit rester sous un seuil maximal qui se resserre à chaque évolution réglementaire. Le calfeutrement des menuiseries contribue significativement à l’atteinte de cet objectif, justifiant l’attention portée à sa réalisation.

Synonymes

Calfeutrage, étanchéité de pose, joint de menuiserie, garnissage périphérique

Réglementation

DTU 36.5 (mise en œuvre des fenêtres), RT 2012/RE 2020 (étanchéité à l'air), NF EN 12207

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