Loi ALUR

Codes et réglementations Niveau : Grand Public Mis à jour le 08/01/2026

Définition courte

La loi ALUR (Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) du 24 mars 2014 est une réforme majeure du droit immobilier français qui renforce les obligations de diagnostic technique en copropriété, instaure le fonds de travaux obligatoire et améliore l'information des acquéreurs.

Définition détaillée

La loi ALUR, acronyme de la loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové, promulguée le 24 mars 2014, constitue une réforme majeure du droit immobilier français. Ce texte législatif, porté par la ministre Cécile Duflot, modifie en profondeur les relations entre bailleurs et locataires, les règles de copropriété et les obligations d’information lors des transactions immobilières. Pour l’expert en bâtiment, cette loi représente un cadre juridique fondamental qui renforce le recours aux diagnostics techniques et à l’expertise indépendante.

L’ambition de la loi ALUR dépasse la simple régulation du marché locatif. Elle instaure des mécanismes destinés à améliorer la transparence des transactions, à prévenir la dégradation du parc immobilier et à professionnaliser la gestion des copropriétés. Ces dispositions créent un environnement favorable au recours à l’expertise bâtiment pour éclairer les décisions des propriétaires, des acquéreurs et des copropriétaires.

Contexte et objectifs de la loi ALUR

La loi ALUR répond à plusieurs constats préoccupants sur le marché immobilier français. La tension locative dans les zones tendues, la dégradation de certaines copropriétés et le manque de transparence dans les transactions justifiaient une intervention législative d’envergure. Le législateur a souhaité rééquilibrer les rapports de force entre les différents acteurs tout en favorisant l’accès au logement.

Les objectifs principaux de cette loi s’articulent autour de quatre axes : la régulation des marchés immobiliers tendus par l’encadrement des loyers, la protection des locataires contre les pratiques abusives, la modernisation des règles de copropriété et le renforcement des obligations d’information. Ce dernier axe impacte directement le travail de l’expert bâtiment en élargissant le champ des diagnostics et analyses requis.

Diagnostic Technique Global en copropriété

La loi ALUR introduit le Diagnostic Technique Global (DTG), une innovation majeure pour les copropriétés. Ce document obligatoire pour les immeubles de plus de dix ans lors de leur mise en copropriété dresse un état complet du bâtiment. Il analyse les parties communes, évalue les équipements collectifs, identifie les désordres structurels éventuels et établit un plan pluriannuel de travaux.

Le DTG dépasse le simple constat visuel en intégrant une dimension prospective. Il évalue le coût prévisionnel des travaux nécessaires sur les dix prochaines années, permettant aux copropriétaires d’anticiper leurs charges. Cette obligation renforce considérablement le besoin d’expertise technique indépendante, l’établissement d’un DTG pertinent requérant des compétences approfondies en pathologie du bâtiment.

L’assemblée générale des copropriétaires peut décider de réaliser un DTG même en dehors des cas obligatoires. Cette démarche volontaire traduit une prise de conscience collective sur l’importance de la maintenance préventive. Le recours à un expert bâtiment indépendant garantit l’objectivité du diagnostic et la fiabilité des préconisations formulées.

Fonds de travaux obligatoire

La loi ALUR instaure l’obligation pour les copropriétés de constituer un fonds de travaux, alimenté par une cotisation annuelle minimale équivalente à 5% du budget prévisionnel. Ce mécanisme d’épargne collective vise à anticiper les gros travaux et à éviter les difficultés de financement qui retardent souvent les interventions nécessaires.

Cette disposition change profondément la gestion patrimoniale des copropriétés. La planification des travaux, adossée aux conclusions du DTG, devient un outil de pilotage essentiel. Les copropriétaires ont désormais intérêt à faire établir des diagnostics précis pour calibrer leur effort d’épargne et programmer rationnellement les interventions sur les parties communes.

Le fonds de travaux améliore la capacité des copropriétés à réagir face aux désordres identifiés lors d’une expertise. L’existence de cette réserve financière facilite la prise de décision en assemblée générale et accélère la mise en œuvre des travaux de réparation préconisés par l’expert bâtiment.

Carnet d’entretien et registre d’immatriculation

La loi ALUR renforce les obligations relatives au carnet d’entretien de l’immeuble, document qui retrace l’historique des travaux réalisés sur les parties communes. Ce carnet constitue une source d’information précieuse pour l’expert bâtiment intervenant sur une copropriété, lui permettant de comprendre les interventions passées et d’identifier les points de vigilance.

Le registre national d’immatriculation des copropriétés, créé par la loi ALUR, recense l’ensemble des copropriétés françaises et collecte des données sur leur état. Cette base de données facilite l’identification des copropriétés en difficulté et permet aux pouvoirs publics d’orienter leurs actions préventives. Les experts bâtiment peuvent y trouver des informations contextuelles utiles à leurs missions.

Obligations d’information renforcées

La loi ALUR étend significativement les obligations d’information lors des ventes immobilières en copropriété. L’acquéreur doit désormais recevoir une documentation complète comprenant le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années et le carnet d’entretien de l’immeuble.

Ces documents permettent à l’acquéreur potentiel d’évaluer l’état de la copropriété et d’anticiper les charges à venir. Toutefois, leur analyse requiert des compétences techniques que peu d’acquéreurs possèdent. Le recours à une expertise avant achat prend tout son sens pour décrypter ces informations et identifier les risques potentiels non apparents dans les documents administratifs.

La fiche synthétique de copropriété, document normalisé créé par la loi ALUR, présente les données financières et techniques essentielles de l’immeuble. Ce document facilite les comparaisons entre copropriétés mais ne remplace pas l’analyse technique approfondie que seul un expert bâtiment peut réaliser sur le terrain.

Encadrement des loyers et état des lieux

La loi ALUR introduit des dispositions relatives à l’état des lieux d’entrée et de sortie, documents essentiels pour constater l’état du logement loué. Un modèle-type d’état des lieux est rendu obligatoire, précisant les éléments à vérifier et la méthodologie à suivre. Cette standardisation facilite les comparaisons et réduit les litiges.

En cas de désaccord persistant entre bailleur et locataire sur l’état du logement, le recours à un expert bâtiment peut s’avérer déterminant. L’expertise technique objective permet d’établir la réalité des désordres constatés, d’en déterminer l’origine et d’imputer équitablement les responsabilités, notamment concernant les problèmes d’humidité ou les fissures.

Impact sur les copropriétés dégradées

La loi ALUR crée des outils spécifiques pour traiter les copropriétés en difficulté. La procédure d’alerte permet au syndic, au maire ou au préfet de saisir le juge lorsqu’une copropriété présente des signes de dégradation. L’administration provisoire peut être prononcée pour redresser la situation avant qu’elle ne devienne irréversible.

Ces dispositifs supposent une évaluation technique précise de l’état du bâtiment. L’expert bâtiment intervient pour établir un diagnostic des désordres, chiffrer les travaux de remise en état et proposer un plan d’action réaliste. Son expertise indépendante garantit l’objectivité des constats, condition nécessaire à l’obtention des financements publics souvent mobilisés pour ces opérations.

Articulation avec les autres textes

La loi ALUR s’inscrit dans un corpus législatif plus large incluant la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain), la loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) et le Code de la construction et de l’habitation. Ces textes se complètent et forment un cadre juridique cohérent encadrant la construction, la rénovation et la gestion immobilière.

L’expert bâtiment doit maîtriser l’articulation de ces différents textes pour contextualiser ses analyses. Une expertise portant sur une copropriété doit intégrer les obligations issues de la loi ALUR tout en respectant les règles techniques du Code de la construction. Cette vision globale garantit la pertinence juridique des conclusions formulées.

Évolutions et perspectives

La loi ALUR a connu plusieurs ajustements depuis sa promulgation, notamment concernant le calendrier d’application de certaines dispositions et les seuils déclenchant les obligations. La loi ELAN de 2018 a modifié plusieurs dispositions relatives aux copropriétés tout en conservant l’esprit de la réforme initiée par ALUR.

Les évolutions réglementaires récentes renforcent la dimension énergétique des obligations, avec l’intégration du diagnostic de performance énergétique collectif dans les réflexions sur les travaux en copropriété. L’expert bâtiment voit son champ d’intervention s’élargir pour intégrer ces problématiques dans ses analyses techniques.

Synonymes

Loi Duflot II, loi n°2014-366, loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové

Réglementation

Loi n°2014-366 du 24 mars 2014, Code de la construction et de l'habitation (articles L731-1 à L731-5), décret n°2016-1167 relatif au DTG

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